Ah oui au fait : pourquoi Paris ?

En fait, je me rends compte que je ne vous ai pas trop expliqué le pourquoi du comment, Paris. C’est un vieil article que j’avais écrit sur la capitale qui m’a jeté en pleine face que ce déménagement a été pour ce blog comme une rupture, une déchirure. Comme si j’avais arraché la tulipe du bord du Rhône pour la replanter à-la-va-vite au bord de la Seine, et sans terreau.

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Comme dirait ma mère, et très certainement mon père aussi : il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis.

Et, comme j’ai laissé ce long silence de marbre entre mars et octobre, il fallait au plus vite que je reprenne confiance en mes petites mains et que je leur rappelle que je pouvais aussi faire des articles à la première personne de temps en temps.

Retraçons l’histoire : Pourquoi, soudainement, Paris ?

Vous vous souvenez quand je listais les choses sympas à faire si jamais il prenait à votre Roméo de partir à la piscine de 42 ? Eh bien j’ai omis plusieurs détails : d’abord que j’en ai aussi profité pour m’inquiéter de mon avenir universitaire qui, on le sait tous, n’aurait pas continué à Lyon (pour ceux qui ont raté cet épisode : voici pourquoi), et aussi que finalement, ça valait le coup de prendre son mal en patience parce qu’il a été sélectionné (les doigts dans le nez).

J’aurais peut être dû publier quelque chose là dessus : j’ai d’abord pensé au master de création littéraire à Paris 8, commencé un projet d’écriture et toute la paperasse qui va avec, et n’ai pas été prise. Mais j’ai aussi découvert en même temps le master dans lequel je suis, sur lequel j’ai beaucoup plus travaillé, puisque je suis tombée raide dingue amoureuse de mon sujet de recherche.

Alors me voici, en Master en Etudes sur le genre à Paris 8. Université idéale pour ce domaine, d’un point de vue historique, puisqu’elle a été la première à ouvrir un département en Etudes sur le genre (précédemment appelé Etudes féminines). Que vous dire mis à part que c’est une petite promotion, où les cours et les enseignants sont aussi passionnants qu’accessibles, qu’il n’y a pas de cours en amphi, mais des classe organisées souvent en « U » afin de laisser libre cours à la parole de chacun.

Dans ce cadre là, je vais écrire un mémoire sur les représentations de la masculinité (les hommes « cis » hétérosexuels, surtout) dans la littérature française. Il y a une raison très simple à mes motivations pour ce sujet : ma surprise d’entendre essentiellement parler d’écriture féminine, d’autrices féminines en tant qu’elle sont des femmes,  d’histoires sur la féminité… Ce qui est logique et nécessaire, mais je pense intimement que si l’on veut prétendre à l’égalité entre les genres, il faudrait aussi parler de masculinité. Pas seulement en parler en fait : mais la remettre en question, à propos de ses fondements, discerner l’artifice du naturel, la culture du naturel.

Oui, bon, pour la plupart des gens, j’explore une zone, non pas d’ombre, mais noire, parfois violente, monstrueuse, égoïste, discriminatoire, patriarcale. Cette catégorie dominante, oppressante qui détient injustement un pouvoir absolu sur tout et depuis des siècles. Et si, justement, il y avait comme pour les femmes, des hommes qui ne veulent pas suivre les diktats liées à leur genre ? À titre d’exemple, on retrouve le plus souvent qu’être un homme c’est, être musclé, dominant, d’avoir une barbe, un grand appétit sexuel, d’être ambitieux, opportuniste, actif etc. Et si les hommes d’aujourd’hui étaient aussi soumis à des stéréotypes de genre desquels il serait difficile d’échapper ?

Ça c’était le point de départ, après j’ai écrit six autres pages, ai commandé quelque chose comme 8 ou 9 livres dans la foulée et ai décidé de prendre mon Roméo comme cobaye, puisque de toute évidence, nous allions à Paris ensemble.

Je clos cet article pour aujourd’hui, et reviendrai très certainement sur le sujet pour vous parler des personnages que j’ai rencontré.

En attendant, pour ceux dont le sujet intéresse, je vous recommande ma bible : Dans le cœur des hommes, de Serge Hefez. Et pour ceux qui ne me croient pas sur ce précieux enjeu, je vous conseille de feuilleter ce catalogue de livres pour enfants qui vous feront dire « Ah oui ! Elle n’a pas toujours tort cette petite ! ».

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Pour ce qui est de la dite tulipe, je vous donnerai des nouvelles très vites de son terreau et de son acclimatation au nord ouest Parisien.

 

 

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Un lion à Paris

Le mois de septembre,
les rituels.

Il est 9h. J’entends des petites vibrations. Peut-être même une mélodie. Quelque chose d’aïgu, de répétitif et d’insupportable. Puis, il est 9h10, pendant 10 minutes, silence. Mais à 9h10 précisément, la mélodie réapparaît. Encore plus insupportable. Une lumière jaune traverse les pointillés en haut des stores, trois rangées laissées volontairement ouvertes. Il se passe 4 minutes avant que le store de la cuisine se lève. La fenêtre s’entrouvre et laisse s’échapper un bruit sourd puis une odeur de café.

Prendre ses marques, c’est d’abord une affaire de rituels. La question est : faut-il répéter ceux qu’on avait déjà, ou en inventer d’autres ?

Vers 9h30, de la buée vient se coller à la minuscule petite fenêtre, de l’autre côté de l’immeuble. Ma main s’y approche et la laisse s’échapper. 9h50, mon périple commence. Je prends la première à droite, puis à gauche. Une jupe noire parapluie, un manteau noir et des Doc Martens noires m’accompagnent. Sac à main sur l’épaule droite trop petit : un cahier y dépasse. Je ne me retourne jamais, change de trottoir à chaque fois que je croise une école, ou un côté trop ombragé.

Se sentir à l’aise dans les rues de son quartier, c’est d’abord une affaire de passages piétons.  Quand on regarde des deux côtés avant de traverser dans une rue à sens unique. Quand on se demande si on peut traverser quand le bonhomme vient de passer au rouge.

Il est 10h. J’arrive à la gare, hésite à prendre le journal. Prends le journal puis le fourre dans mon sac. Je m’approche de la borne ratp. J’appuie sur un premier endroit, puis sur un autre. Enfin, sur le haut à gauche pour faire retour. J’essaye une autre entrée. Soupire. La machine est longue. Je regarde autour de moi, en sueur, mais personne n’attend. Je tape du pied pour encourager la machine, récupère mes billets et regarde le panneau des trains. Il est 10h08. Voie E, direction Paris-Saint-Lazare.

Quand on arrive dans une grande station, ce n’est pas tant le temps qui nous fait courir dans tous les sens ; C’est le courant qui nous emporte. Marcher entre deux correspondances, c’est comme rouler sur l’autoroute à 50 km/h : c’est dangereux.

Arrivée : Saint-Lazare à 10h15. Je slalome entre les coureurs, m’étonne encore qu’on puisse me pousser sans dire « pardon » et prends les escalators. La file de gauche seulement quand je suis sûre que personne n’est pas plus pressé derrière. Sinon, je prends soin de me serrer à droite, derrière une vieille femme ou un mec en trottinette. Quand j’arrive dans le métro, il est 10h25.

Prendre un nouveau métro, c’est comme aller pour la première fois chez une nouvelle connaissance : on n’ose pas trop s’asseoir, ni dire « oui » quand on nous propose à boire.

Souvent, je sors un livre, regarde la première de couverture, ouvre à la première page, la lit, puis range le livre au fond du sac. Au cours du voyage, je me mouche en moyenne 3 fois, et m’essuie le front et le haut du buste 5 ou 6 fois. Je plisse les yeux pour lire des pubs collées aux murs des stations, ou pour mimer l’impossibilité de fermer ses oreilles lorsque les rails font un horrible bruit sourd. Terminus, il est 10h45 à Saint-Denis.

La seule chose que je vois de Paris, quand on me le demande, je réponds : Saint-Denis Université, Asnières et à la limite la Gare Saint-Lazare. Il y a des noms qu’on entend comme une voix familière, quelque chose qui fait référence, qui rappelle une vieille partie de Monopoly. En réalité, quand on n’a pas grandi à Paris, une fois devenus réels, ces lieux nous sont totalement étrangers.

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5 conseils pour survivre quand ton Roméo part un mois à la piscine de 42

Après presque trois mois à vivre sous le même toit et quelques tests sur internet, le voilà parti pour un mois à la piscine de 42.

Non, il n’est pas parti serviette sur l’épaule avec son short de bain au pays des utopies mathématiques, mais bien à Paris dans l’école crée par Xavier Niel en 2013. 42, c’est cette nouvelle école d’informatique qui révolutionne la tradition pédagogique : des enseignements basés sur l’autonomie, la créativité, la sociabilité, en envoyant valser le système traditionnel de notation (dont je vous ai déjà dit l’aimer beaucoup) et sa compétition. Pas besoin d’une lettre de motivation, d’un CV, d’argent ou du BAC  pour entrer, mais de passer un mois avec plus de 200 autres « piscineux » et près de 12 heures par jour sur un ordinateur. Bref, un mois d’examen à la koh lanta. Pour plus d’informations, il y a cette vidéo et ce reportage qui sont plutôt bien.

Mais 42, c’est aussi cette école qui kidnappe ton copain pendant un mois.

Alors, si toi aussi tu as décidé de te maquer avec un fou de la programmation et du retrogaming, ces 5 conseils devraient te permettre de survivre pendant ce mois avec gaieté et optimisme. NB : cet article vaut aussi pour vous messieurs qui voulez savoir comment on survit quand c’est votre belle qui part à la piscine (de 42, hein).

1. Les amis

Les amis c’est cool. Ils tiennent chaud, te rendent heureux, te font changer les idées, te sortent dehors, te font rire (des fois). Ils t’aideront volontiers à traverser cette énième épreuve avec tout l’amour et la bienveillance qu’ils savent user. Si encore tu ne les engouffres pas toutes les deux minutes sous une logorrhée interminable où il est sujet de ton cher et tendre. Oui, ils savent que c’est pas hyper facile de se retrouver seule du jour au lendemain, et ce pendant quatre semaines, que le fait qu’il n’ait pas eu le temps de répondre à ton dernier sms ça te fait chier etc. Non vraiment, c’est hyper relou. Alors garde les près de toi et mouche toi dans ton journal intime.

2. En parlant d’amis, invite les chez toi, organise des soirées

Mais évite le SDF chelou que tu croises tous les jours en bas de chez toi.

3. Optimise ton temps libre avec optimisme

Profites en pour prendre du temps rien qu’à toi. Tu peux même laisser déborder la vaisselle, sortir de la salle de bain avec ton masque en argile verte, ressortir tes culottes en coton et chanter du Avril Lavigne à tue-tête dès 9h du matin.

4. Une seule télé à la maison : plus besoin d’être accusé de monopole

Il a l’habitude d’utiliser ton écran destiné à ton lecteur DVD et ton décodeur pirate pour son ordinateur ? Il a aussi laissé ses consoles à l’appart ? Profites de ce mois pour entreprendre un monopole abusif de la télé : tu as quatre semaines pour rattraper ta culture cinématographique, la nouvelle saison de Koh Lanta, mais surtout après avoir passé 2 heures dans un temple de The Legend of Zelda et 3 jours dans un niveau de Rayman sur sa PS1.

5. Travaille pour réussir ton semestre

Parce que vivre avec son amoureux c’est bien, valider son année… c’est bien aussi.

Sinon, tu peux aussi noter sur chaque page de ton agenda le nombre de jours qu’il vous reste avant de vous embrasser sur le quais de la gare comme les amoureux des vieux films américains.

Bref, je te l’assure : de ce mois, tu survivras.

(Jour – 8)

Après un petit tour dans la tête d’une étudiante de Licence 3, très en colère

Parce qu’en fin de licence on doit choisir un master et parce qu’un jour ensoleillé n’est jamais sans un nuage qui passe, j’ai décidé d’écrire une réponse à ces enseignants. Avant d’attribuer de nouvelles compétences à mes professeurs, que j’admirais jusqu’alors, je préfère commencer en disant que :

Tout d’abord, que le système de notes scolaires ne représente pas concrètement le degré d’engagement d’un élève, ni sa motivation, ni sa personnalité, ni ses compétences. Elle n’est qu’un objet abstrait que l’ont attribue à un moment précis, au travail d’une personne selon des critères relatifs à un « correcteur ».
De plus, je pense intimement que dans la majorité des cas, un 11/20, accompagné d’une expérience professionnelle riche et variée (justifiant le caractère « assez bien » voire « moyen » de la note scolaire) vaut mieux qu’un 15 sans aucun engagement dans la société telle que l’entend La Bruyère.

Ensuite, que le master de création littéraire n’est pas une fatalité. Le nombre de candidatures se multiplie, représentant une veine créative des étudiants qui grandit d’année en année et le plaisir de voir que l’écriture n’est plus un don acquis mais une compétence qui se travaille.

Enfin, plus on me dit que quelque chose est difficile, plus j’ai envie de me battre pour réussir.

Les nouvelles compétences des enseignants aujourd’hui :

 L’art de mépriser avec euphémisme

Vous avez combien de moyenne ? Mh, oui, vous ne voulez pas plutôt vous réorienter en CAP maçon ?

Le questionnement rhétorique (avec passion)

Vous voulez aller à Paris pour le master de création littéraire, c’est ça ? Mais vous croyez vraiment qu’une maison d’édition vous prendrait après ça ?

Une bienveillance naturelle

Au revoir et bon voyage, hein.

        Alors, si vous aussi, vous avez rencontré des professeurs aussi bienveillants et bon conseillers qu’eux, écoutez ce que ma mère répète, à la grande kikoo littéraire que je suis, depuis presque vingt ans :

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait »

À travers le vent #2

Printemps
Les danseuses aquatiques

En un sifflement, tout s’évapore. La brume se dissipe et laisse mes yeux découvrir à nouveau l’horizon d’une mer calme. Alors que l’atmosphère s’amollie, le souvenir laisse place à un mirage en marbre. Je regarde l’horizon. Les nuages, s’amusant à caresser la surface lisse de la mer, me semblent être tout près. Je pourrais presque les toucher, les faire glisser entre mes doigts, puis, comme une spirale de vapeur, de volutes, ils viendraient danser. Leur humidité et leur tiédeur viendraient jusqu’à pénétrer la liqueur de mes veines, glisseraient alors dans les muscles chauds de mon bras, contourneraient ma poitrine, passeraient sous mes reins jusqu’au creux de mon ventre. Je ne regarde plus l’horizon.

J’attends toujours. Tandis que fleurit le soleil, les fines vagues éclatent au hasard le reflet du ciel. Elles vont et viennent, se promènent le long de ces rochers qui ne nient pas, de temps en temps, se rincer l’œil. Comme par habitude, elles s’abandonnent à peine et s’enfuient à nouveau. Mais lorsque le vent se lève, chacune leur tour, ces danseuses aquatiques viennent s’abattre sur moi. La chorégraphie est parfaite. A la fois lourde et légère, glissante et collante. Sur un air désinvolte, elles réinventent la mélodie et sans relâche, mais avec douceur, elles viennent, m’entourent, m’embrassent.
Dans un vertige, comme si mon corps tout entier s’étirait, je perds l’équilibre. L’étreinte s’arrête. Le pont en bois craque sous mes pieds, comme pour me rappeler qu’il est toujours là, fier et immobile.

Le mouvement des vagues s’apaise à mesure que l’on regarde au loin. Mon cœur s’emballe à mesure qu’on le regarde de près.

Les yeux rivés sur l’horizon, j’attends, fixant la mer me quitter au loin.

À travers le vent #1

A travers le vent, sur une cadence rythmée par les cliquetis des gouttes sur le sol, je marche. Je marche jusqu’au bout de la route, sur le petit pont du port. Les vagues éclatent de part et d’autre du pont, arrosant presque mes chevilles. Je m’arrête, je devrais être à l’heure. Oui, je regarde ma montre et le soleil gris derrière les nuages. Je devrais être à l’heure. J’ai dû marcher assez vite, je devrais être à l’heure. J’attends. C’est ce qu’on fait après être arrivé à l’heure, on attend.

Hiver
La fille en marbre

On s’approche, je ne me retourne pas, j’attends. Mais pendant que l’on arrive derrière moi puis à mes côtés, je bloque mon regard, serre mes mâchoires, cesse d’inspirer et laisse ce souffle effleurer mon bras, jusqu’à me devancer, avancer jusqu’au bout du pont. J’expire, j’attends. C’est une femme, une femme que je vois de dos. Un large tissu rouge enrobe sa silhouette. Le vent semble faire flotter le drap noué à son cou, tout comme ses membres que j’aperçois à peine dans le brouillard qui s’est formé. Les retombées humides de ce crachin froid filent le long de mes cheveux, de mes bras, de mon nez. Et dans cette pluie naissante, une vague lente et chaude raffermit mon corps d’homme en même temps qu’elle l’apaise. Au contact du sol, les gouttes s’improvisent vapeur, fumée, volute qui s’enroule autour de sa longue silhouette. Elle flotte dans l’eau qui se condense, ondule à travers les fines gouttes qui dansent autour de nous. Je la vois à peine et c’est comme si l’on était là, tous les deux, enfermé sous le poids des nuages, à attendre. Elle me tourne toujours le dos, immobile. De marbre, froide et majestueuse. Lumineuse, glaciale. Une raideur que les gouttelettes aiment frapper puis fuir.

La pluie s’obstine à tomber sur nos épaules, à travers le bruissement des vagues qui semble applaudir ce spectacle aquatique où nous sommes intimement conviés. La fille en marbre et moi. Un huis-clos fait de brume et de magie. De plus en plus, les vagues se mettent à éclabousser la côte, puis nos pieds. Quelqu’un s’approche, ou, quelque chose. L’écume grandit au contact des rochers. Quelque chose brille, s’avance, comme deux perles, deux lampions, juste deux petits ronds qui brillent, s’avancent, et sortent de l’eau. Ils sont là, arrivent, se lèvent et envahissent le pont, ma vue, mon visage, mes sinus, mon thorax, mon cœur. C’est à la fois doux et agressif, mou et aiguisé, sec et trempé. C’est là, c’est venu des profondeurs. Ça a régurgité l’eau des abysses. Ça a plongé, droit, ferme, de manière précise. Des écailles étincelantes ont surgi, là où se réfléchit chaque regard, même le plus noir.

Et d’un seul coup, ça a emporté la fille en marbre.

Festival du Tonton #5

Ouah.

Voilà comment je vais commencer cet article, par un gros : Ouah. Bien long, avec les yeux écarquillés, les bras en l’air, et les jambes, tremblantes, rêvant de courir dans tous les sens.

Le festival du tonton, qui m’avait gentiment et agréablement bien accueillie dans l’équipe bénévole l’année dernière, est revenu comme un Prince cette année. Une progra de folie, un public enthousiaste, bouillonnant, passionné, mais surtout… pas une goutte de pluie.
Plus précisément, voilà comment ça s’est passé.

Toute l’année, l’équipe s’est acharnée à rechercher des sponsors, à monter des dossiers, l’association, s’est acharnée à distribuer les flyers, les programmes, coller les affiches un peu partout chez nous, à trouver les perles rares qui pourraient monter sur la scène du tonton… bref, un an de détermination, parce que le Tonton, on en était persuadé : il valait le détour.

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Les Acharnés du Swing

Vendredi 3 juin.
Arrivée 15h, fin de la préparation des sandwiches ; tout était presque en place : depuis le mercredi, l’équipe installait la buvette, le chapiteau, la belle et grande scène, les loges, le coin VIP, et nos toilettes sèches maison (absolument digne d’un festival cinq étoiles soit dit en passant)… Ensuite, sans traîner, direction les loges préparer les petits plats pour les artistes et les jolis plateaux repas (nommé « folie champêtre » tellement notre déco était du tonnerre), le tout, pendant que Naï-Jah balançait, nous donnant déjà un avant goût sur scène.
Il est 19h, juste le temps d’enfiler nos super tee-shirt, avant que As you want, jeune groupe de rock du coin, ne vienne enflammer la scène. Energie, fraîcheur et riffs de guitare déferlaient dans nos oreilles et attiraient tout le monde devant la scène. Ensuite fût le tour de Fabello, groupe d’ici aussi, poétique, entraînant et reformé exceptionnellement pour la 5ème édition du Tonton!
Puis la nuit tombe, et toujours aucune goutte à l’horizon, aucun nuage, et presque des étoiles dans le ciel.

vendredi

En haut : Naï-Jah / As You Want – En bas : The Fat Bastard Gang Band / Fabello

Mais à peine quelques vibes, et c’est le reggae de Naï-Jah qui vient chauffer la scène et relever un peu de soleil. Une transition fantastique avec The Fat Bastard Gang band, qui les ont ensuite vite remplacé sur scène pour prendre leur revanche sur l’orage phénoménal de l’année dernière. Et là, tout le monde vous le dira, des revanches comme celle-ci, on en voudrait qui rythment toutes les soirées de la vie. Et puis pour clôturer, comme d’hab’, ils sont descendus dans le public, au milieu. Avec leurs instrus, leur énergie, ils sont encore une fois venus se fondre dans la foule. Et tout était son, mouvement, fluide. Un noyau musical d’où s’échappe les ondes, un peu libres, un peu folles, un peu aurores boréales, et complètement extraordinaire.

Samedi 4 juin.
Arrivée après le travail à 17h30, direct au boulot pour Tom le pro des crêpes (j’étais obligée de le mentionner au moins une fois, vu la longue file d’attente, toute la soirée, pour ses crêpes). Un grand soleil rassurant, assuré planait au dessus de nous. Les festivités ont débuté vers 18h30, mais déjà un peu de monde était installé sur la butte, sur les bottes de pailles, dans l’herbe fraîche. Zim à ouvert la soirée. Sans vous le cacher, je vous avoue que c’est mon petit coup de cœur perso quand il a fallu que j’écrive les textes de la progra, et donc, que j’écoute tous les groupes. Ses textes, son rap, ses ambiances, son accessibilité, son talentueux Rémi à la contre basse et au beat box, moi j’ai été tout de suite séduite. Ensuite, ça a été au tour des Acharnés du Swing, qui portent effectivement bien leur nom. Et tout comme en 2013, à leur première venue, swing, jazz, voyages temporels et géographiques étaient au rendez-vous.

Cette soirée a aussi été l’occasion pour Oytier-Saint-Oblas (la ville qui nous a chaleureusement accueilli) d’officialiser son jumelage avec la ville italienne de Castelliri et d’inviter leurs sympathiques italiens. Saluta a loro!
(et l’occas pour moi aussi de revérifier mon niveau)

samedi

Duo Heiting Soucasse / La Mine de Rien / Zim

Puis, il y a eu l’entrée du majestueux Duo Heiting Soucasse ! LE coup de cœur du festival pour leur folie, leur sympathie mais surtout : pour la grande palette de couleurs qu’illustre tous leurs talents. Des solo de piano autant magiques qu’impressionnants, une voix aussi majestueuse qu’endiablée. D’un air d’opéra au rap d’I like to move it, dommage que les medley coûtent si cher… (merci la SACEM)… mais promis, la prochaine fois, faut qu’on s’arrange, c’était vraiment trop bon.
Mes supers copains sont arrivés et apparemment, à 45 minutes d’ici, il pleut à torrent. Et… toujours pas une seule goutte par ici. Un sourire au coin des lèvres, mais une grande satisfaction.
Et enfin, c’est La Mine de Rien qui à merveilleusement bien clôturé ces deux jours. 5 ans que le festival les réclame et aucune déception à l’horizon. Des chanson à textes sur des mélodies, des rythmes déchaînés qui ont donné une superbe note finale.

On aura voyagé, fait le tour du monde pendant ces deux soirées… tout en se sentant chez nous, au chaud, avec des copains, le tout, à la fois bercé et ensorcelé par toute cette musique.

Et je pense que c’est pour ça, qu’on le remercie autant, notre super Festival du Tonton.

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Les liens :

Le festival du tonton
Le site officiel : www.festival-du-tonton.com
La page facebook 

Les superbes photos qu’illustrent l’article sont celle du photographe Sébastien Caron, et tout comme l’an passé :
Sa page facebook
Son site

PS : toujours à mon prof de math du lycée. Un festivalier m’a répondu quand je comptais (très bien, d’ailleurs) en disant que j’étais nulle en maths, « de toute façon, hein, je sais plus qui a dit ça, mais la racine carré de 25, ça a jamais servi à acheter du pain ».