The Legend of Gender : Zelda’s mask #2

« La façon dont les hommes et les femmes sont représentés [dans les jeux vidéo] reflète souvent des rôles de genre ou des stéréotypes répandus, tels que celui de la demoiselle en détresse pour les femmes. Celles-ci, en tant que personnages de jeux vidéo, sont également particulièrement sous-représentées parmi les personnages principaux des jeux. » (Voir les jeux vidéo, Elsa Boyer)

Pour ces articles, je me suis surtout intéressée à mes trois épisodes préférés (et, en prime, les plus récents) : Twilight Princess (2006), Skyward Sword (2011) et Breath of The wild (2017). Ces trois derniers épisodes proposent dans leur scénarios de nouvelles personnalités, nouvelles représentations des personnages féminins, de leurs liens avec le « héros » ou le « chevalier » incarné par Link. Sur le plan narratif mais également sur le plan des représentations physiques, des mouvements, de l’expression des personnalités, ces trois épisodes ont dépassé largement mes attentes, tout en restant dans l’univers épique de Zelda.

2- Le récit,
Rôle de genre/ Rôle narratif

Ce qu’il faut savoir, c’est que dans les premiers épisodes produits entre les années 1986 et 2005, l’histoire se déroule autour de l’enlèvement de la princesse Zelda par un malfaiteur (Ganon, ou autres vilains), ou de sa transformation en pierre (The Minish Cap, 2004). Link était alors appelé par le père de Zelda, pour tuer le mal et sauver la princesse. Cela va sans dire, on retrouve le déroulement traditionnel de l’univers épique : un jeune chevalier qui va sauver la « demoiselle en détresse » suite à un contrat d’intérêt avec un homme puissant (aka le roi d’Hyrule qui lui demande de sauver sa fille) (aka Le roi Arthur, Guenièvre, Lancelot et tout l’artillerie). Figée ou capturée, le personnage féminin est immobile, passif, tandis que le personnage masculin, le « héros » obtient le rôle actif de l’histoire.

Mais, dans les trois derniers épisodes de la série, la princesse Zelda a une place beaucoup plus active. Elle n’est pas figée, ni enlevée, mais elle dirige, mène une quête (et incarne même une divinité).

Skyward Sword
Qui est qui ?

Cet épisode démarre sur l’enlèvement de Zelda. Alors, rapidement, Link est sollicité par son père pour la sauver. Classique. L’histoire du jeu commence donc sur un schéma traditionnel. Cependant, quelques cinématiques et aventures plus tard, Link croise Zelda sur le chemin du sauvetage. Elle est accompagnée d’Impa, la dirigeante du peuple Sheikah et semble mener une quête qui nous est inconnue. Ce n’est que presque à la fin du jeu, que Link parvient à parler à Zelda : elle lui apprend qu’elle est la réincarnation de la Déesse Hylia, qu’elle a dû lui laisser des indices pour qu’il rassemble des éléments et parvienne à sauver Hyrule. Elle conclue : « Link, je t’ai… utilisé… ». Et BIM, depuis le début du jeu, tout le monde pense que Link parcours mer, terre et ciel pour sauver la princesse kidnappée… alors que celle ci, pendant ce temps, voyage à travers le temps et les régions pour guider secrètement notre héros.

Quel renversement.

Bref, vous l’aurez comgmpris : pour moi, dans cet épisode, lorsque l’on prend du recul, et que notre point de vue n’est plus focalisé sur Link : c’est Zelda la véritable héroïne. Elle mène la quête centrale du récit et permet la suppression du « Mal ». Link est l’adjuvent de Zelda. Il est également essentiel au déroulement du récit, certes, mais d’un point de vue objectif et non plus subjectif du/de la joueur-euse, il est secondaire.

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Zelda dirigeante…

… dans Twilight Princess

Ce qui m’a marquée lorsque j’ai suivi les aventures de Link dans Twilight Princess , est le fait que l’attribut principal de Zelda soit une épée, traditionnellement celui de Link. On la voit tout particulièrement dans la cinématique où Zelda explique à Link l’arrivée du « fléau » qui a touché Hyrule.

L’aventure commence avec un Link paysan de son petit village, qui, après mésaventures se retrouve capturé et métamorphosé en Loup dans le royaume des ténèbres (le royaume d’Hyrule touché par une sorte de « fléau »). Lorsqu’il parvient à s’échapper de sa prison et à rencontrer la princesse Zelda, enfermée dans la tour du royaume, celle-ci lui raconte comment la malédiction est arrivée. Une cinématique démarre : le flash-back mettant en scène ce qu’il s’est produit. Elle démarre par un plan avec Zelda, devant son immense trône, au bout d’une salle remplie de gardes. La musique que l’on entend est un « classique » du jeu, on l’entend très souvent quand on arrive dans le château d’Hyrule. Elle est composée de trompettes lourdes, d’un tempo lent et traduit la musique du pouvoir, de la royauté. Puis, on entend des violons, rapides : des créatures sombres entrent par dizaines dans la salle du trône. Plan rapproché sur le bas du visage de Zelda, de profil, qui lève puis baisse son menton nettement et rapidement, pour donner l’ordre à ses gardes d’intervenir. Elle reste droite, sans expression : on ne lit pas la peur ni sur son visage, ni dans les mouvements de son corps. Plan sur les créatures des ténèbres qui arrivent très vite dans la salle, puis plan sur gardes qui brandissent leur épée en leur direction. Les créatures terrassent les gardes. On revient sur le même plan de Zelda qui fait un mouvement de recul avec la tête pour exprimer la surprise, mais elle se reprend aussitôt et reste immobile, stable devant son trône. Le grand méchant arrive dans la salle, face à elle : Le plan est en contre-plongée, Zelda lui fait face et le surplombe de son estrade. Il lui offre deux magnifiques choix, digne d’un méchant : « Surrender or die » (rends-toi ou meurt). On revient sur un plan rapproché de la princesse, mais cette fois-ci de face. Elle est toujours immobile, sans expression. Elle tient une longue épée dans sa main, ses épaules montent et descendent, en même temps que son torse se gonfle et se dégonfle. Elle réfléchit. Retour au plan sur la princesse de profil, elle lève le bras qui tient l’épée puis lâche cette épée. La caméra suit sa chute.

Ce qu’il faut savoir dans cet enlèvement, c’est que Zelda n’est pas enlevée par Ganon parce que c’est une femme, ou parce qu’il veut posséder une femme pour combler les preuves de sa virilité… mais parce qu’elle a un royaume et un pouvoir que le méchant convoite. Zelda est un personnage de pouvoir dans Twilight Princess, que ce soit dans ses gestes, sa stabilité mais aussi, par son parti pris à l’action. Vers la fin du jeu, lorsque Link atteint Ganon, il se déroule (non pas dans une cinématique mais dans un moment de jeu) une course poursuite avec le méchant. Link et Zelda sont sur un même cheval, et pendant que le/la joueur-euse contrôle le cheval avec Link, Zelda, indépendamment de notre contrôle, tire des flèches très puissantes sur Ganon.

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… dans The Breath of the Wild

Rachel Elyce Jones est une chercheuse qui a travaillé sur « l’expansion du genre » dans The Legend of Zelda. Elle en a étudié ses représentations du genre selon Gender Trouble de Judith Butler et sa notion de « performance ». Elle rappelle un fait récurrent chez les personnages féminins dans les jeux vidéo :

« Beaucoup de personnages féminins sont équipées d’armes ou de pouvoirs magiques qui sont moins agressifs que ceux qui sont habituellement attribués aux héros. Les personnages féminins qui possèdent des pouvoirs magiques sont toujours utilisés comme « healer » ou soigneuse. »

Zelda n’utilise pas de pouvoirs pour soigner, dans ce sens elle ne fait pas partie des personnages féminins cantonnées dans leur rôle du care (répartition des rôles productifs/reproductifs associés au masculin/féminin – on a tendance à attribuer plus souvent la fonction de prendre soin, de donner de l’amour etc. aux mères ou femmes plus largement)(aka la poupée que tu offres à une fille et pas à un garçon). Elle attaque, comme dans cette dernière partie de l’aventure de Twilight Princess, mais également dans The Breath of the Wild. Dans la première cinématique, Link apprend que Zelda est enfermée dans le château avec Ganon depuis 100 ans, et que, pendant ces 100 dernières années, elle le combat et le retient en attendant la venue de Link pour pouvoir l’achever. Alors même si symboliquement que c’est toujours le personnage masculin qui « tranche », symbole phallique (aka le zizi en érection), Zelda est un personnage féminin dans cet épisode qui fait preuve d’une force et d’une résistance inouïe, pas dans la passivité : mais dans l’action.

Mais… « chassez le naturel et il revient au galop » : dans cet épisode, chacune des cinématiques la mettant en scène, se finit par une réplique où elle s’adresse à Link d’une voix très « féminine ». Même si elle est sur le ton d’un ordre, elle est à la foi aigüe et douce : « Prend garde Link », « Fais attention », ou finissant, à bout de souffle : « Je t’en prie, Link ». Elle revient dans le rôle de « victime », de « demoiselle en détresse » car le « temps presse » et Link doit se dépêcher de rassembler ses forces pour l’aider à abattre Ganon.

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C’est tout pour aujourd’hui. La prochaine fois, on parlera d’amour (ou pas).

 

Les sources

Si vous maîtrisez la langue de Shakespeare et de Beyoncé, je vous recommande ma super source pour cet article :
JONES, Rachel Elyce, The Expansion of Gender Role in The Legend of Zelda Series, Master of arts, Major Department English, Fargo, North Dakota, 2016. [URL :  https://library.ndsu.edu/ir/handle/10365/25824 ]

Pour la notion de performance dans le genre : BUTLER, Judith, Trouble dans le genre aux éditions La Découverte.

Et si la notion de rôle du « care » vous a interpellé, j’ai trouvé un article qui me semble pas mal et fait assez le tour des questions de genre par rapport au « prendre soin » :
Le care, enjeu féministe, éthique, politique et social

 

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Qui est vraiment Frédéric Beigbeder ?

Bah,

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C’est lui.

Fin.

Plus sérieusement,

J’aime les gros yeux que les gens font quand je leur dit que j’ai choisi, entre autres, Frédéric Beigbeder en corpus principal pour étudier la masculinité dans un mémoire de recherche. J’aime les personnages sur lesquels les gens ont un avis très tranché (bon, peut-être excepté la famille Le Pen)(bah oui, toute règle a son exception). Et comme j’aime aussi l’autodérision, les blagues de fesses et les cheveux longs chez les hommes, je ne voyais vraiment pas pourquoi j’aurais fait l’impasse sur Beigbeder.

Mais déjà, pas de doute : le personnage de Frédéric Beigbeder, Marc Marronnier, ainsi que tout le roman L’amour dure trois ans est écrit du point de vue d’un homme, blanc, d’une classe sociale aisée, et imprégné d’un virilisme ordinaire. Ca explique la présence, tout au long du roman, de généralités sur les relations entre les hommes et les femmes, et sur leurs caractéristiques qui leurs seraient propres.

L’autofiction suggère que Marc Marronnier est l’alter-ego de son auteur.

Oui d’accord,  mais il existe un nombre si grand de paradoxes autour du personnage et de son auteur, qu’il est difficile de l’affirmer vraiment. Beaucoup de personnes n’ont jamais lu ses livres, et ne le connaissent que par ses présences médiatiques. Ce sont surtout ces personnes-là qui ont un avis très tranché, à vrai dire. Mais, normal, puisque c’est l’endroit favoris de l’auteur pour mettre en scène sa provocation et exprimer toute sa spontanéité (qui moi, me font souvent rire…).

Et puis, évidemment. Ce n’est pas sans compter sur l’aide des médias, qui s’en font un malin plaisir. On connait ce grand désir des journalistes (et autres) d’obtenir une réplique ou l’information inédite afin d’accroître leur audience (faire le buzz, en d’autres termes). Ils décident alors très souvent d’inviter Beigbeder – dont l’actualité ne correspond pas toujours, voire jamais, au féminisme – et lui posent des questions sur « l’actualité féministe ». Malgré le fait qu’il commence son propos sur des idées qui peuvent être parfois intéressantes, ses répliques finissent toujours par une suggestion, ou une remarque personnelle tantôt maladroite, tantôt provocatrice. Par exemple, quand Delahouse a demandé l’avis de Beigbeder sur l’affaire Weinstein, alors que l’auteur est présent pour son roman sur le mythe de la jeunesse éternelle…  Ce à quoi l’auteur finira par répondre : « J’ai une solution à ça, c’est que ce doit être les femmes qui viennent nous draguer ».

On peut vraiment se le demander : Est-ce que la question est volontairement posée dans le but d’avoir une réponse du genre, ou est-ce une incapacité de l’écrivain à répondre sérieusement lors d’une interview ?

Mais du coup, quelle position Beigbeder a vis-à-vis de ses personnages ?

Le fait que ses récits soient des « autofictions » sous-entend une implication intime, personnelle de l’auteur dans son personnage : mais à quel degré d’investissement se situe-t-elle ? Marc Marronnier est décrit dans les critiques comme étant l’alter-ego de Frédéric Beigbeder… Et c’est vrai que la réputation médiatique de l’auteur s’accorde bien avec. Malgré tout, de cette réputation d’homme « arrogant et énervant », Frédéric Beigbeder répond « je crois qu’on me confond souvent avec les personnages de mes romans ». Dans l’interview donnée par Adèle et Maxenss (deux Youtubeur que je vous recommande mille fois), il évoque la conception de ses personnages et les rapproche des anti-héros du XXe siècle (arrête de faire genre tu connais pas, on l’a tous vu en première pour le bac), des « ratés » qui montrent l’écart entre le héros modèle qui fait le bien et le « looser », qui n’est ni tout à fait bon ni tout à fait mauvais.

« Moi j’aime bien les personnages brillants et en même temps j’aime bien les personnages looser. […] Plutôt que d’admirer un héros je préfère le mépriser ou me dire que je lui ressemble un peu. »

Finalement, est-ce que Frédéric Beigbeder a un point de vue critique sur le personnage de Marc Marronnier ? Une sorte « d’autre lui », une partie de lui, un type de masculinité qu’il représente ? Peut-être que cela est aussi une mise en scène qui se veut divertissante…

Mais l’humour peut avoir plusieurs projets.

Pour faire court, L’amour dure trois ans met en scène un homme, Marc Marronnier, qui divorce. Ce divorce marque un point de rupture dans sa vie : il remet tout en question, d’une certaine manière, en infirmant ce qu’il pensait être vrai, et en créant de nouvelles affirmations, généralités, le tout, trempé dans des larmes et de l’autodénigration. Un échec qui pourtant lui permet de tomber amoureux d’une autre femme, Alice. Puis il se passe pleins d’épisodes, entrecoupés de phrases des fois drôles, des fois un peu moyennes (genre moins drôles, voire désuètes) pour une lecture en 2018. Mais qui justement, permet de prendre du recul. En gros, c’est : voici une idée de ce que serait un homme raté, lâche, autrement dit, un macho qui n’a même pas conscience de l’être. Et qui ne comprend pas tellement ce qui lui arrive.

L’humour hyper présent dans le texte serait alors là pour plutôt mettre de la distance avec ce type de masculinité, de rire d’elle. Mais cela ne résout pas la question de l’investissement de l’auteur dans ses personnages. À fin du roman, lorsque le personnage dit au barmaid italien : « Marc Marronnier est mort. Je l’ai tué. À partir de maintenant il n’y a plus que moi, ici et moi je m’appelle Frédéric Beigbeder. » puis le récit continue avec « Il (le barmaid italien) n’a rien entendu à cause de la musique qu’il diffuse à tue-tête. ». Oui on peut le dire : une réplique essentielle dans la construction du personnage, qui tombe, littéralement, à l’eau. Elle peut se lire sinon comme une impossibilité pour l’auteur de changer les représentations de lui, ou le regard des autres.

Mais du coup : Est-ce que ça veut dire que l’auteur se résigne à ne pas changer ? Ou est-ce un moyen de séparer Frédéric de Marc ? Ou au contraire, de signifier que la séparation entre les deux hommes est impossible pour les autres ?

D’une certaine manière, il signifie que le changement est impossible : le rôle de son genre (ici, la « masculinité »), en tant que rôle « performé » (tu iras lire Trouble dans le genre de Judith Butler pour capter la ref), lui colle à la peau. Cependant, il ne fait pas de ce qu’il est un ensemble de caractéristiques naturelle chez l’homme. Le but n’est pas de dire que le machisme/la virilité sont innés chez un homme, mais que la pression sociale et le regard des autres sont tels que sans volonté, sans véritable remise en question, ou émancipation de la norme, il est difficile voire impossible de véritablement s’affranchir des codes. (youpi)(c’est su per gai)(…en fait non, pas tellement).

Mais alors, à quoi elle sert, cette autodérision ?

L’autofiction n’évince pas l’autodérision, au contraire, elle la sollicite sans cesse. Elle se traduit entre-autre par la mise en scène de la mauvaise foi du personnage (c’est quand tu fais tomber un verre par terre, qu’il se brise, et que tu dis – non, grogne – que c’est la faute du sol). Comme si la virilité « ordinaire » était une couverture. Imaginez Hulk mince et émotif qui se greffe des gros coussins verts dès qu’il s’énerve. Je sais pas si vous saisissez la métaphore, mais moi oui. Alors continuons : L’exemple le plus marquant dans le roman est lorsque Marc affirme que « une femme a besoin qu’un homme l’admire pour s’épanouir, du moins c’est ainsi que je vois les choses. Une fleur a besoin de soleil. Anne  (c’est le nom de son ex femme) se fanait sous mes yeux absents. ». Il fait une généralité sur le besoin des femmes d’être regardées par des hommes (quand je vous parlais de remarques/phrases désuètes, je faisais référence à ce genre de trucs). MAIS, ce benêt, quelques pages plus loin, quand lui-même est ignoré par Alice, se renomme le « mort-vivant ».

Mais est-ce que tout ça est calculé par l’auteur, ou est-ce que ça lui échappe ?

C’est l’éternelle question qu’on se pose et qu’on se posera toujours en cours de français : est-ce que l’auteur a vraiment voulu dire ça ou est ce que ma prof vient de partir dans un délire vraiment chelou ? (aka le surréalisme)(que j’ai adoré, attention).

Quinze ans plus tard

Dans l’adaptation de L’amour dure trois ans au cinéma, par Beigbeder lui-même, Alice décrit le livre du même nom comme une « logorrhée de pauvre branleur immature » (ouais, carrément) ou le livre « le plus misogyne de l’année ». Frédéric Beigbeder, cette fois-ci réalisateur, a-t-il un vrai regard critique assumé sur son roman ?

Et c’est ainsi qu’il continue, sur les plateaux de télévision, dans ses éditos du magazine Lui, d’alimenter ce « personnage » qui se façonne dans une dualité. C’est une véritable boucle sans fin, car une contradiction en réaffirme une autre. Au milieu d’un chapitre du récit, il écrit « Ce n’est pas parce que ce livre est publié chez Grasset qu’il dit nécessairement la vérité. ». Le divertissement chez Beigbeder est-il une fuite ou un but ? S’agit-il de se moquer, de rire des idéaux de la virilité, finalement inatteignable, ou de donner un réel signal d’alerte, pas seulement pour mépriser ses personnages, mais pour les critiquer ?

Dans l’interview des recettes pompettes, Beigbeder explique à M. Poulpe que dans l’éducation de ses filles, il se sent responsable de les « entraîner » à ne pas « succomber à des connards dans son genre », ce à quoi l’animateur conclue : « C’est beau, tu es le gilet pare-balle de toi-même ».

Alors,

Qui est vraiment Frédéric Beigbeder ?

The Legend of Gender : Zelda’s mask #1

1- Brève introduction :
Genre, Jeux Vidéo et Zelda

Triforce

Il y a beaucoup de nouvelles choses qui me plaisent dans mon master, mais surtout, ce qui est vraiment génial dans les études de genre (ou dans les départements universitaires simplement ouvert d’esprit), c’est qu’on peut toucher à tous les supports. Et exactement comme dirait une camarade de promo, à chaque fois que l’on a à choisir une œuvre à étudier pour valider un cours : « Regardez-moi trouver un énième prétexte pour analyser des objets de la culture populaire ».

Et c’est ainsi que j’ai enfourché Epona, attrapé mon immense épée en bois taillée à la main (merci tonton), enfilé un bonnet vert et suis partie dans le royaume d’Hyrule explorer, entre deux bokoblins, si des normes de genres étaient là (ou pas) dans la série de jeux vidéo The Legend of Zelda. Je vous avoue, très vite fait, que c’était aussi un très grand prétexte pour jouer à la switch, avancer mes parties (que sapristi, j’ai tant de mal à terminer), mais aussi pour re/regarder toutes ces magnifiques cinématiques sur YouTube.

Mais avant toute chose, il est important que je revienne sur deux-trois concepts de manière rapide, avec mes mots, et si je le peux, de la manière la moins ennuyeuse possible. Ce sera utile pour la suite. La théorie du genre, c’est une manière de considérer le sexe, le genre et la sexualité d’un individu de manière différentes et indépendantes. Disons simplement que « Homme » et « Femme » sont en réalité plus des catégories sociales fabriquées que des résultats scientifiques. Bon. Il existe plusieurs manière de naître sous une identité sexuée : femelle, utérus-vagin-vulve, mâle, testicules-pénis, intersexe, autant de modèle génital que de personne intersexe. Ces infos là, elle t’indique juste la manière dont tu vas te reproduire et appréhender ton plaisir physique (elles n’indiquent donc pas que tu dois faire plus ou moins la vaisselle que ton/ta partenaire, tu vois, lol). À la différence du genre, qui lui est un processus de catégorisation (outch), un système qui construit, dans un contexte social, historique et culturel, des catégories binaires nommées « hommes » et « femmes » et qui va distinguer ce qui est « féminin » ou « masculin ». On parle de genre au singulier, mais il est possible de dire « les genres » car il en existe tout un tas, une ribambelle, une cargaison, un entrepôt un saladier et même l’équivalent d’un système galactique. C’est pour te dire. (Par exemple, rapidement, certains hommes produisent de la progestérone, parfois plus que des femmes, et ces dernières en produisent déjà mais ont parfois beaucoup plus de testostérone dans le corps que certains hommes, et encore, ce ne sont que deux exemples sur des millions d’individus différents). Voilà, des minis bases simples (basique). Si vous aimez les schémas et voulez en savoir un peu plus, voici la version française du Genderbread Person, un petit bonhomme en pain d’épice qui résume tout ça et rajoute des notions que je n’ai pas évoquées (déso mais un article c’est court ok).

Bon, commençons.

The Legend of Zelda, ou « Zelda », est l’un des premiers jeux vidéo auquel j’ai joué, puis le plus joué, poncé, try hard, bref, celui qui m’a fait le plus transpirer de la stache-mou comme dirait notre très cher André Manoukian.

Alors oui, je vais en faire soupirer quelque un-e-s mais je considère le jeu vidéo comme un art. Mais pas un art simple, non, un art multiple qui sollicite plusieurs disciplines, dont les arts « visuels », la musicologie, la narratologie, l’informatique, et parfois même l’histoire, avec une esthétique et un langage propre. Le jeu vidéo est souvent comparé ou associé au cinéma. D’ailleurs, si le sujet vous intéresse, il y a un petit livre qui s’appelle Voir les jeux vidéo, il a été dirigé par Elsa Boyer et il étudie les jeux vidéo un peu comme on étudie le cinéma. Et en plus de tout ça, il faut avouer qu’ils ont une place importante, non seulement dans la culture de masse, dans l’économie avec l’e-sport, mais aussi dans nos sociétés occidentales : puisqu’on ne va pas les voir dans un musée, dans une salle de cinéma ou de concert… le jeu vidéo s’invite directement chez soi, dans nos « consoles de salon » (clin d’œil complice).

Pour la petite histoire, The Legend of Zelda est produit par Nitendo depuis les années 1980 et comporte à ce jour près de 30 épisodes (j’en ai seulement huit à mon actif). Chaque épisode se déroule dans le royaume fantastique d’Hyrule, qui est frappé par une prophétie et menacé par un démon nommé Ganon. Link, l’avatar du/de la joueur-euse doit venir en aide à Zelda, la dirigeante du royaume, pour détruire ce mal. DU COUP, que ce soit clair : Zelda c’est la princesse, et le chevalier, le petit héros c’est Link.

Zelda

Lorsque l’on analyse le jeu vidéo dans les études de genre (si peu en est), c’est surtout la place des personnages féminins et leur hyper sexualisation qui sont étudiées. Parce qu’elles sont cantonnées dans le rôle de la victime, ou l’amie qui aide le protagoniste masculin… et quand elle est l’avatar, elle est presque toujours hyper sexualisée (coucou Lara Croft). C’est d’ailleurs ce qui est traditionnellement évoqué dans les résumés des aventures de Zelda et Link : « Zelda est une princesse, victime de Ganon, que le courageux Link doit abattre pour délivrer la jeune femme. » Cependant, pour y avoir jouer, on y découvre en réalité une histoire et des légendes bien plus complexes qu’il n’y parait.

Cette saga fait partie d’une catégorie de jeux qui s’organise autour d’un scénario long, construit et très souvent génial. L’aventure à suivre est rythmée par des temps de « cinématiques » (des sortes de mini films qui interviennent à la fin ou au début d’une quête, quand un personnage s’apprête à dire quelque chose d’important – je mets un exemple ici) ; elles intensifient cette dimension cinématographique, la mise en récit et suscite une projection sentimentale pour l’histoire racontée (toi même tu sais, les petites larmes). Le tout a pour but de créer une empathie intense entre le/la joueur-euse et le personnage qu’il/elle incarne, Link. En d’autres termes, pour reprendre le vocabulaire littéraire : le point de vue est subjectif, c’est une focalisation interne avec Link (voilà, tu pourras dire que tu révises ton bac). Le/la joueur-euse sait uniquement ce qu’il sait, et voit ce qu’il voit. Le jeu met en place une véritable stratégie narrative : à titre d’exemple, le dernier opus, The Breath of the wild s’ouvre sur le réveil de Link dans un sanctuaire. Etant amnésique au début de l’aventure, il nous pousse à en savoir davantage sur ce qu’il se passe dans le monde où il évolue.

Cet avatar est un personnage masculin, mais, d’après de récents sondages (de sources sûres car j’y ai participé moi-même), The Legend of Zelda est un jeu également très joué par des femmes…

Alors,

Autant vous dire que j’en ai, des choses, à vous dire sur ce jeu.

Ah oui au fait : pourquoi Paris ?

En fait, je me rends compte que je ne vous ai pas trop expliqué le pourquoi du comment, Paris. C’est un vieil article que j’avais écrit sur la capitale qui m’a jeté en pleine face que ce déménagement a été pour ce blog comme une rupture, une déchirure. Comme si j’avais arraché la tulipe du bord du Rhône pour la replanter à-la-va-vite au bord de la Seine, et sans terreau.

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Comme dirait ma mère, et très certainement mon père aussi : il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis.

Et, comme j’ai laissé ce long silence de marbre entre mars et octobre, il fallait au plus vite que je reprenne confiance en mes petites mains et que je leur rappelle que je pouvais aussi faire des articles à la première personne de temps en temps.

Retraçons l’histoire : Pourquoi, soudainement, Paris ?

Vous vous souvenez quand je listais les choses sympas à faire si jamais il prenait à votre Roméo de partir à la piscine de 42 ? Eh bien j’ai omis plusieurs détails : d’abord que j’en ai aussi profité pour m’inquiéter de mon avenir universitaire qui, on le sait tous, n’aurait pas continué à Lyon (pour ceux qui ont raté cet épisode : voici pourquoi), et aussi que finalement, ça valait le coup de prendre son mal en patience parce qu’il a été sélectionné (les doigts dans le nez).

J’aurais peut être dû publier quelque chose là dessus : j’ai d’abord pensé au master de création littéraire à Paris 8, commencé un projet d’écriture et toute la paperasse qui va avec, et n’ai pas été prise. Mais j’ai aussi découvert en même temps le master dans lequel je suis, sur lequel j’ai beaucoup plus travaillé, puisque je suis tombée raide dingue amoureuse de mon sujet de recherche.

Alors me voici, en Master en Etudes sur le genre à Paris 8. Université idéale pour ce domaine, d’un point de vue historique, puisqu’elle a été la première à ouvrir un département en Etudes sur le genre (précédemment appelé Etudes féminines). Que vous dire mis à part que c’est une petite promotion, où les cours et les enseignants sont aussi passionnants qu’accessibles, qu’il n’y a pas de cours en amphi, mais des classe organisées souvent en « U » afin de laisser libre cours à la parole de chacun.

Dans ce cadre là, je vais écrire un mémoire sur les représentations de la masculinité (les hommes « cis » hétérosexuels, surtout) dans la littérature française. Il y a une raison très simple à mes motivations pour ce sujet : ma surprise d’entendre essentiellement parler d’écriture féminine, d’autrices féminines en tant qu’elle sont des femmes,  d’histoires sur la féminité… Ce qui est logique et nécessaire, mais je pense intimement que si l’on veut prétendre à l’égalité entre les genres, il faudrait aussi parler de masculinité. Pas seulement en parler en fait : mais la remettre en question, à propos de ses fondements, discerner l’artifice du naturel, la culture du naturel.

Oui, bon, pour la plupart des gens, j’explore une zone, non pas d’ombre, mais noire, parfois violente, monstrueuse, égoïste, discriminatoire, patriarcale. Cette catégorie dominante, oppressante qui détient injustement un pouvoir absolu sur tout et depuis des siècles. Et si, justement, il y avait comme pour les femmes, des hommes qui ne veulent pas suivre les diktats liées à leur genre ? À titre d’exemple, on retrouve le plus souvent qu’être un homme c’est, être musclé, dominant, d’avoir une barbe, un grand appétit sexuel, d’être ambitieux, opportuniste, actif etc. Et si les hommes d’aujourd’hui étaient aussi soumis à des stéréotypes de genre desquels il serait difficile d’échapper ?

Ça c’était le point de départ, après j’ai écrit six autres pages, ai commandé quelque chose comme 8 ou 9 livres dans la foulée et ai décidé de prendre mon Roméo comme cobaye, puisque de toute évidence, nous allions à Paris ensemble.

Je clos cet article pour aujourd’hui, et reviendrai très certainement sur le sujet pour vous parler des personnages que j’ai rencontré.

En attendant, pour ceux dont le sujet intéresse, je vous recommande ma bible : Dans le cœur des hommes, de Serge Hefez. Et pour ceux qui ne me croient pas sur ce précieux enjeu, je vous conseille de feuilleter ce catalogue de livres pour enfants qui vous feront dire « Ah oui ! Elle n’a pas toujours tort cette petite ! ».

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Pour ce qui est de la dite tulipe, je vous donnerai des nouvelles très vites de son terreau et de son acclimatation au nord ouest Parisien.

 

 

Un lion à Paris

Le mois de septembre,
les rituels.

Il est 9h. J’entends des petites vibrations. Peut-être même une mélodie. Quelque chose d’aïgu, de répétitif et d’insupportable. Puis, il est 9h10, pendant 10 minutes, silence. Mais à 9h10 précisément, la mélodie réapparaît. Encore plus insupportable. Une lumière jaune traverse les pointillés en haut des stores, trois rangées laissées volontairement ouvertes. Il se passe 4 minutes avant que le store de la cuisine se lève. La fenêtre s’entrouvre et laisse s’échapper un bruit sourd puis une odeur de café.

Prendre ses marques, c’est d’abord une affaire de rituels. La question est : faut-il répéter ceux qu’on avait déjà, ou en inventer d’autres ?

Vers 9h30, de la buée vient se coller à la minuscule petite fenêtre, de l’autre côté de l’immeuble. Ma main s’y approche et la laisse s’échapper. 9h50, mon périple commence. Je prends la première à droite, puis à gauche. Une jupe noire parapluie, un manteau noir et des Doc Martens noires m’accompagnent. Sac à main sur l’épaule droite trop petit : un cahier y dépasse. Je ne me retourne jamais, change de trottoir à chaque fois que je croise une école, ou un côté trop ombragé.

Se sentir à l’aise dans les rues de son quartier, c’est d’abord une affaire de passages piétons.  Quand on regarde des deux côtés avant de traverser dans une rue à sens unique. Quand on se demande si on peut traverser quand le bonhomme vient de passer au rouge.

Il est 10h. J’arrive à la gare, hésite à prendre le journal. Prends le journal puis le fourre dans mon sac. Je m’approche de la borne ratp. J’appuie sur un premier endroit, puis sur un autre. Enfin, sur le haut à gauche pour faire retour. J’essaye une autre entrée. Soupire. La machine est longue. Je regarde autour de moi, en sueur, mais personne n’attend. Je tape du pied pour encourager la machine, récupère mes billets et regarde le panneau des trains. Il est 10h08. Voie E, direction Paris-Saint-Lazare.

Quand on arrive dans une grande station, ce n’est pas tant le temps qui nous fait courir dans tous les sens ; C’est le courant qui nous emporte. Marcher entre deux correspondances, c’est comme rouler sur l’autoroute à 50 km/h : c’est dangereux.

Arrivée : Saint-Lazare à 10h15. Je slalome entre les coureurs, m’étonne encore qu’on puisse me pousser sans dire « pardon » et prends les escalators. La file de gauche seulement quand je suis sûre que personne n’est pas plus pressé derrière. Sinon, je prends soin de me serrer à droite, derrière une vieille femme ou un mec en trottinette. Quand j’arrive dans le métro, il est 10h25.

Prendre un nouveau métro, c’est comme aller pour la première fois chez une nouvelle connaissance : on n’ose pas trop s’asseoir, ni dire « oui » quand on nous propose à boire.

Souvent, je sors un livre, regarde la première de couverture, ouvre à la première page, la lit, puis range le livre au fond du sac. Au cours du voyage, je me mouche en moyenne 3 fois, et m’essuie le front et le haut du buste 5 ou 6 fois. Je plisse les yeux pour lire des pubs collées aux murs des stations, ou pour mimer l’impossibilité de fermer ses oreilles lorsque les rails font un horrible bruit sourd. Terminus, il est 10h45 à Saint-Denis.

La seule chose que je vois de Paris, quand on me le demande, je réponds : Saint-Denis Université, Asnières et à la limite la Gare Saint-Lazare. Il y a des noms qu’on entend comme une voix familière, quelque chose qui fait référence, qui rappelle une vieille partie de Monopoly. En réalité, quand on n’a pas grandi à Paris, une fois devenus réels, ces lieux nous sont totalement étrangers.

bLucine

5 conseils pour survivre quand ton Roméo part un mois à la piscine de 42

Après presque trois mois à vivre sous le même toit et quelques tests sur internet, le voilà parti pour un mois à la piscine de 42.

Non, il n’est pas parti serviette sur l’épaule avec son short de bain au pays des utopies mathématiques, mais bien à Paris dans l’école crée par Xavier Niel en 2013. 42, c’est cette nouvelle école d’informatique qui révolutionne la tradition pédagogique : des enseignements basés sur l’autonomie, la créativité, la sociabilité, en envoyant valser le système traditionnel de notation (dont je vous ai déjà dit l’aimer beaucoup) et sa compétition. Pas besoin d’une lettre de motivation, d’un CV, d’argent ou du BAC  pour entrer, mais de passer un mois avec plus de 200 autres « piscineux » et près de 12 heures par jour sur un ordinateur. Bref, un mois d’examen à la koh lanta. Pour plus d’informations, il y a cette vidéo et ce reportage qui sont plutôt bien.

Mais 42, c’est aussi cette école qui kidnappe ton copain pendant un mois.

Alors, si toi aussi tu as décidé de te maquer avec un fou de la programmation et du retrogaming, ces 5 conseils devraient te permettre de survivre pendant ce mois avec gaieté et optimisme. NB : cet article vaut aussi pour vous messieurs qui voulez savoir comment on survit quand c’est votre belle qui part à la piscine (de 42, hein).

1. Les amis

Les amis c’est cool. Ils tiennent chaud, te rendent heureux, te font changer les idées, te sortent dehors, te font rire (des fois). Ils t’aideront volontiers à traverser cette énième épreuve avec tout l’amour et la bienveillance qu’ils savent user. Si encore tu ne les engouffres pas toutes les deux minutes sous une logorrhée interminable où il est sujet de ton cher et tendre. Oui, ils savent que c’est pas hyper facile de se retrouver seule du jour au lendemain, et ce pendant quatre semaines, que le fait qu’il n’ait pas eu le temps de répondre à ton dernier sms ça te fait chier etc. Non vraiment, c’est hyper relou. Alors garde les près de toi et mouche toi dans ton journal intime.

2. En parlant d’amis, invite les chez toi, organise des soirées

Mais évite le SDF chelou que tu croises tous les jours en bas de chez toi.

3. Optimise ton temps libre avec optimisme

Profites en pour prendre du temps rien qu’à toi. Tu peux même laisser déborder la vaisselle, sortir de la salle de bain avec ton masque en argile verte, ressortir tes culottes en coton et chanter du Avril Lavigne à tue-tête dès 9h du matin.

4. Une seule télé à la maison : plus besoin d’être accusé de monopole

Il a l’habitude d’utiliser ton écran destiné à ton lecteur DVD et ton décodeur pirate pour son ordinateur ? Il a aussi laissé ses consoles à l’appart ? Profites de ce mois pour entreprendre un monopole abusif de la télé : tu as quatre semaines pour rattraper ta culture cinématographique, la nouvelle saison de Koh Lanta, mais surtout après avoir passé 2 heures dans un temple de The Legend of Zelda et 3 jours dans un niveau de Rayman sur sa PS1.

5. Travaille pour réussir ton semestre

Parce que vivre avec son amoureux c’est bien, valider son année… c’est bien aussi.

Sinon, tu peux aussi noter sur chaque page de ton agenda le nombre de jours qu’il vous reste avant de vous embrasser sur le quais de la gare comme les amoureux des vieux films américains.

Bref, je te l’assure : de ce mois, tu survivras.

(Jour – 8)

Après un petit tour dans la tête d’une étudiante de Licence 3, très en colère

Parce qu’en fin de licence on doit choisir un master et parce qu’un jour ensoleillé n’est jamais sans un nuage qui passe, j’ai décidé d’écrire une réponse à ces enseignants. Avant d’attribuer de nouvelles compétences à mes professeurs, que j’admirais jusqu’alors, je préfère commencer en disant que :

Tout d’abord, que le système de notes scolaires ne représente pas concrètement le degré d’engagement d’un élève, ni sa motivation, ni sa personnalité, ni ses compétences. Elle n’est qu’un objet abstrait que l’ont attribue à un moment précis, au travail d’une personne selon des critères relatifs à un « correcteur ».
De plus, je pense intimement que dans la majorité des cas, un 11/20, accompagné d’une expérience professionnelle riche et variée (justifiant le caractère « assez bien » voire « moyen » de la note scolaire) vaut mieux qu’un 15 sans aucun engagement dans la société telle que l’entend La Bruyère.

Ensuite, que le master de création littéraire n’est pas une fatalité. Le nombre de candidatures se multiplie, représentant une veine créative des étudiants qui grandit d’année en année et le plaisir de voir que l’écriture n’est plus un don acquis mais une compétence qui se travaille.

Enfin, plus on me dit que quelque chose est difficile, plus j’ai envie de me battre pour réussir.

Les nouvelles compétences des enseignants aujourd’hui :

 L’art de mépriser avec euphémisme

Vous avez combien de moyenne ? Mh, oui, vous ne voulez pas plutôt vous réorienter en CAP maçon ?

Le questionnement rhétorique (avec passion)

Vous voulez aller à Paris pour le master de création littéraire, c’est ça ? Mais vous croyez vraiment qu’une maison d’édition vous prendrait après ça ?

Une bienveillance naturelle

Au revoir et bon voyage, hein.

        Alors, si vous aussi, vous avez rencontré des professeurs aussi bienveillants et bon conseillers qu’eux, écoutez ce que ma mère répète, à la grande kikoo littéraire que je suis, depuis presque vingt ans :

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait »