5 conseils pour survivre quand ton Roméo part un mois à la piscine de 42

Après presque trois mois à vivre sous le même toit et quelques tests sur internet, le voilà parti pour un mois à la piscine de 42.

Non, il n’est pas parti serviette sur l’épaule avec son short de bain au pays des utopies mathématiques, mais bien à Paris dans l’école crée par Xavier Niel en 2013. 42, c’est cette nouvelle école d’informatique qui révolutionne la tradition pédagogique : des enseignements basés sur l’autonomie, la créativité, la sociabilité, en envoyant valser le système traditionnel de notation (dont je vous ai déjà dit l’aimer beaucoup) et sa compétition. Pas besoin d’une lettre de motivation, d’un CV, d’argent ou du BAC  pour entrer, mais de passer un mois avec plus de 200 autres « piscineux » et près de 12 heures par jour sur un ordinateur. Bref, un mois d’examen à la koh lanta. Pour plus d’informations, il y a cette vidéo et ce reportage qui sont plutôt bien.

Mais 42, c’est aussi cette école qui kidnappe ton copain pendant un mois.

Alors, si toi aussi tu as décidé de te maquer avec un fou de la programmation et du retrogaming, ces 5 conseils devraient te permettre de survivre pendant ce mois avec gaieté et optimisme. NB : cet article vaut aussi pour vous messieurs qui voulez savoir comment on survit quand c’est votre belle qui part à la piscine (de 42, hein).

1. Les amis

Les amis c’est cool. Ils tiennent chaud, te rendent heureux, te font changer les idées, te sortent dehors, te font rire (des fois). Ils t’aideront volontiers à traverser cette énième épreuve avec tout l’amour et la bienveillance qu’ils savent user. Si encore tu ne les engouffres pas toutes les deux minutes sous une logorrhée interminable où il est sujet de ton cher et tendre. Oui, ils savent que c’est pas hyper facile de se retrouver seule du jour au lendemain, et ce pendant quatre semaines, que le fait qu’il n’ait pas eu le temps de répondre à ton dernier sms ça te fait chier etc. Non vraiment, c’est hyper relou. Alors garde les près de toi et mouche toi dans ton journal intime.

2. En parlant d’amis, invite les chez toi, organise des soirées

Mais évite le SDF chelou que tu croises tous les jours en bas de chez toi.

3. Optimise ton temps libre avec optimisme

Profites en pour prendre du temps rien qu’à toi. Tu peux même laisser déborder la vaisselle, sortir de la salle de bain avec ton masque en argile verte, ressortir tes culottes en coton et chanter du Avril Lavigne à tue-tête dès 9h du matin.

4. Une seule télé à la maison : plus besoin d’être accusé de monopole

Il a l’habitude d’utiliser ton écran destiné à ton lecteur DVD et ton décodeur pirate pour son ordinateur ? Il a aussi laissé ses consoles à l’appart ? Profites de ce mois pour entreprendre un monopole abusif de la télé : tu as quatre semaines pour rattraper ta culture cinématographique, la nouvelle saison de Koh Lanta, mais surtout après avoir passé 2 heures dans un temple de The Legend of Zelda et 3 jours dans un niveau de Rayman sur sa PS1.

5. Travaille pour réussir ton semestre

Parce que vivre avec son amoureux c’est bien, valider son année… c’est bien aussi.

Sinon, tu peux aussi noter sur chaque page de ton agenda le nombre de jours qu’il vous reste avant de vous embrasser sur le quais de la gare comme les amoureux des vieux films américains.

Bref, je te l’assure : de ce mois, tu survivras.

(Jour – 8)

Après un petit tour dans la tête d’une étudiante de Licence 3, très en colère

Parce qu’en fin de licence on doit choisir un master et parce qu’un jour ensoleillé n’est jamais sans un nuage qui passe, j’ai décidé d’écrire une réponse à ces enseignants. Avant d’attribuer de nouvelles compétences à mes professeurs, que j’admirais jusqu’alors, je préfère commencer en disant que :

Tout d’abord, que le système de notes scolaires ne représente pas concrètement le degré d’engagement d’un élève, ni sa motivation, ni sa personnalité, ni ses compétences. Elle n’est qu’un objet abstrait que l’ont attribue à un moment précis, au travail d’une personne selon des critères relatifs à un « correcteur ».
De plus, je pense intimement que dans la majorité des cas, un 11/20, accompagné d’une expérience professionnelle riche et variée (justifiant le caractère « assez bien » voire « moyen » de la note scolaire) vaut mieux qu’un 15 sans aucun engagement dans la société telle que l’entend La Bruyère.

Ensuite, que le master de création littéraire n’est pas une fatalité. Le nombre de candidatures se multiplie, représentant une veine créative des étudiants qui grandit d’année en année et le plaisir de voir que l’écriture n’est plus un don acquis mais une compétence qui se travaille.

Enfin, plus on me dit que quelque chose est difficile, plus j’ai envie de me battre pour réussir.

Les nouvelles compétences des enseignants aujourd’hui :

 L’art de mépriser avec euphémisme

Vous avez combien de moyenne ? Mh, oui, vous ne voulez pas plutôt vous réorienter en CAP maçon ?

Le questionnement rhétorique (avec passion)

Vous voulez aller à Paris pour le master de création littéraire, c’est ça ? Mais vous croyez vraiment qu’une maison d’édition vous prendrait après ça ?

Une bienveillance naturelle

Au revoir et bon voyage, hein.

        Alors, si vous aussi, vous avez rencontré des professeurs aussi bienveillants et bon conseillers qu’eux, écoutez ce que ma mère répète, à la grande kikoo littéraire que je suis, depuis presque vingt ans :

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait »

À travers le vent #2

Printemps
Les danseuses aquatiques

En un sifflement, tout s’évapore. La brume se dissipe et laisse mes yeux découvrir à nouveau l’horizon d’une mer calme. Alors que l’atmosphère s’amollie, le souvenir laisse place à un mirage en marbre. Je regarde l’horizon. Les nuages, s’amusant à caresser la surface lisse de la mer, me semblent être tout près. Je pourrais presque les toucher, les faire glisser entre mes doigts, puis, comme une spirale de vapeur, de volutes, ils viendraient danser. Leur humidité et leur tiédeur viendraient jusqu’à pénétrer la liqueur de mes veines, glisseraient alors dans les muscles chauds de mon bras, contourneraient ma poitrine, passeraient sous mes reins jusqu’au creux de mon ventre. Je ne regarde plus l’horizon.

J’attends toujours. Tandis que fleurit le soleil, les fines vagues éclatent au hasard le reflet du ciel. Elles vont et viennent, se promènent le long de ces rochers qui ne nient pas, de temps en temps, se rincer l’œil. Comme par habitude, elles s’abandonnent à peine et s’enfuient à nouveau. Mais lorsque le vent se lève, chacune leur tour, ces danseuses aquatiques viennent s’abattre sur moi. La chorégraphie est parfaite. A la fois lourde et légère, glissante et collante. Sur un air désinvolte, elles réinventent la mélodie et sans relâche, mais avec douceur, elles viennent, m’entourent, m’embrassent.
Dans un vertige, comme si mon corps tout entier s’étirait, je perds l’équilibre. L’étreinte s’arrête. Le pont en bois craque sous mes pieds, comme pour me rappeler qu’il est toujours là, fier et immobile.

Le mouvement des vagues s’apaise à mesure que l’on regarde au loin. Mon cœur s’emballe à mesure qu’on le regarde de près.

Les yeux rivés sur l’horizon, j’attends, fixant la mer me quitter au loin.

À travers le vent #1

A travers le vent, sur une cadence rythmée par les cliquetis des gouttes sur le sol, je marche. Je marche jusqu’au bout de la route, sur le petit pont du port. Les vagues éclatent de part et d’autre du pont, arrosant presque mes chevilles. Je m’arrête, je devrais être à l’heure. Oui, je regarde ma montre et le soleil gris derrière les nuages. Je devrais être à l’heure. J’ai dû marcher assez vite, je devrais être à l’heure. J’attends. C’est ce qu’on fait après être arrivé à l’heure, on attend.

Hiver
La fille en marbre

On s’approche, je ne me retourne pas, j’attends. Mais pendant que l’on arrive derrière moi puis à mes côtés, je bloque mon regard, serre mes mâchoires, cesse d’inspirer et laisse ce souffle effleurer mon bras, jusqu’à me devancer, avancer jusqu’au bout du pont. J’expire, j’attends. C’est une femme, une femme que je vois de dos. Un large tissu rouge enrobe sa silhouette. Le vent semble faire flotter le drap noué à son cou, tout comme ses membres que j’aperçois à peine dans le brouillard qui s’est formé. Les retombées humides de ce crachin froid filent le long de mes cheveux, de mes bras, de mon nez. Et dans cette pluie naissante, une vague lente et chaude raffermit mon corps d’homme en même temps qu’elle l’apaise. Au contact du sol, les gouttes s’improvisent vapeur, fumée, volute qui s’enroule autour de sa longue silhouette. Elle flotte dans l’eau qui se condense, ondule à travers les fines gouttes qui dansent autour de nous. Je la vois à peine et c’est comme si l’on était là, tous les deux, enfermé sous le poids des nuages, à attendre. Elle me tourne toujours le dos, immobile. De marbre, froide et majestueuse. Lumineuse, glaciale. Une raideur que les gouttelettes aiment frapper puis fuir.

La pluie s’obstine à tomber sur nos épaules, à travers le bruissement des vagues qui semble applaudir ce spectacle aquatique où nous sommes intimement conviés. La fille en marbre et moi. Un huis-clos fait de brume et de magie. De plus en plus, les vagues se mettent à éclabousser la côte, puis nos pieds. Quelqu’un s’approche, ou, quelque chose. L’écume grandit au contact des rochers. Quelque chose brille, s’avance, comme deux perles, deux lampions, juste deux petits ronds qui brillent, s’avancent, et sortent de l’eau. Ils sont là, arrivent, se lèvent et envahissent le pont, ma vue, mon visage, mes sinus, mon thorax, mon cœur. C’est à la fois doux et agressif, mou et aiguisé, sec et trempé. C’est là, c’est venu des profondeurs. Ça a régurgité l’eau des abysses. Ça a plongé, droit, ferme, de manière précise. Des écailles étincelantes ont surgi, là où se réfléchit chaque regard, même le plus noir.

Et d’un seul coup, ça a emporté la fille en marbre.

Festival du Tonton #5

Ouah.

Voilà comment je vais commencer cet article, par un gros : Ouah. Bien long, avec les yeux écarquillés, les bras en l’air, et les jambes, tremblantes, rêvant de courir dans tous les sens.

Le festival du tonton, qui m’avait gentiment et agréablement bien accueillie dans l’équipe bénévole l’année dernière, est revenu comme un Prince cette année. Une progra de folie, un public enthousiaste, bouillonnant, passionné, mais surtout… pas une goutte de pluie.
Plus précisément, voilà comment ça s’est passé.

Toute l’année, l’équipe s’est acharnée à rechercher des sponsors, à monter des dossiers, l’association, s’est acharnée à distribuer les flyers, les programmes, coller les affiches un peu partout chez nous, à trouver les perles rares qui pourraient monter sur la scène du tonton… bref, un an de détermination, parce que le Tonton, on en était persuadé : il valait le détour.

13323279_1741438972759371_5030486777493942521_o

Les Acharnés du Swing

Vendredi 3 juin.
Arrivée 15h, fin de la préparation des sandwiches ; tout était presque en place : depuis le mercredi, l’équipe installait la buvette, le chapiteau, la belle et grande scène, les loges, le coin VIP, et nos toilettes sèches maison (absolument digne d’un festival cinq étoiles soit dit en passant)… Ensuite, sans traîner, direction les loges préparer les petits plats pour les artistes et les jolis plateaux repas (nommé « folie champêtre » tellement notre déco était du tonnerre), le tout, pendant que Naï-Jah balançait, nous donnant déjà un avant goût sur scène.
Il est 19h, juste le temps d’enfiler nos super tee-shirt, avant que As you want, jeune groupe de rock du coin, ne vienne enflammer la scène. Energie, fraîcheur et riffs de guitare déferlaient dans nos oreilles et attiraient tout le monde devant la scène. Ensuite fût le tour de Fabello, groupe d’ici aussi, poétique, entraînant et reformé exceptionnellement pour la 5ème édition du Tonton!
Puis la nuit tombe, et toujours aucune goutte à l’horizon, aucun nuage, et presque des étoiles dans le ciel.

vendredi

En haut : Naï-Jah / As You Want – En bas : The Fat Bastard Gang Band / Fabello

Mais à peine quelques vibes, et c’est le reggae de Naï-Jah qui vient chauffer la scène et relever un peu de soleil. Une transition fantastique avec The Fat Bastard Gang band, qui les ont ensuite vite remplacé sur scène pour prendre leur revanche sur l’orage phénoménal de l’année dernière. Et là, tout le monde vous le dira, des revanches comme celle-ci, on en voudrait qui rythment toutes les soirées de la vie. Et puis pour clôturer, comme d’hab’, ils sont descendus dans le public, au milieu. Avec leurs instrus, leur énergie, ils sont encore une fois venus se fondre dans la foule. Et tout était son, mouvement, fluide. Un noyau musical d’où s’échappe les ondes, un peu libres, un peu folles, un peu aurores boréales, et complètement extraordinaire.

Samedi 4 juin.
Arrivée après le travail à 17h30, direct au boulot pour Tom le pro des crêpes (j’étais obligée de le mentionner au moins une fois, vu la longue file d’attente, toute la soirée, pour ses crêpes). Un grand soleil rassurant, assuré planait au dessus de nous. Les festivités ont débuté vers 18h30, mais déjà un peu de monde était installé sur la butte, sur les bottes de pailles, dans l’herbe fraîche. Zim à ouvert la soirée. Sans vous le cacher, je vous avoue que c’est mon petit coup de cœur perso quand il a fallu que j’écrive les textes de la progra, et donc, que j’écoute tous les groupes. Ses textes, son rap, ses ambiances, son accessibilité, son talentueux Rémi à la contre basse et au beat box, moi j’ai été tout de suite séduite. Ensuite, ça a été au tour des Acharnés du Swing, qui portent effectivement bien leur nom. Et tout comme en 2013, à leur première venue, swing, jazz, voyages temporels et géographiques étaient au rendez-vous.

Cette soirée a aussi été l’occasion pour Oytier-Saint-Oblas (la ville qui nous a chaleureusement accueilli) d’officialiser son jumelage avec la ville italienne de Castelliri et d’inviter leurs sympathiques italiens. Saluta a loro!
(et l’occas pour moi aussi de revérifier mon niveau)

samedi

Duo Heiting Soucasse / La Mine de Rien / Zim

Puis, il y a eu l’entrée du majestueux Duo Heiting Soucasse ! LE coup de cœur du festival pour leur folie, leur sympathie mais surtout : pour la grande palette de couleurs qu’illustre tous leurs talents. Des solo de piano autant magiques qu’impressionnants, une voix aussi majestueuse qu’endiablée. D’un air d’opéra au rap d’I like to move it, dommage que les medley coûtent si cher… (merci la SACEM)… mais promis, la prochaine fois, faut qu’on s’arrange, c’était vraiment trop bon.
Mes supers copains sont arrivés et apparemment, à 45 minutes d’ici, il pleut à torrent. Et… toujours pas une seule goutte par ici. Un sourire au coin des lèvres, mais une grande satisfaction.
Et enfin, c’est La Mine de Rien qui à merveilleusement bien clôturé ces deux jours. 5 ans que le festival les réclame et aucune déception à l’horizon. Des chanson à textes sur des mélodies, des rythmes déchaînés qui ont donné une superbe note finale.

On aura voyagé, fait le tour du monde pendant ces deux soirées… tout en se sentant chez nous, au chaud, avec des copains, le tout, à la fois bercé et ensorcelé par toute cette musique.

Et je pense que c’est pour ça, qu’on le remercie autant, notre super Festival du Tonton.

13340181_1741043349465600_1446976484210608250_o

Les liens :

Le festival du tonton
Le site officiel : www.festival-du-tonton.com
La page facebook 

Les superbes photos qu’illustrent l’article sont celle du photographe Sébastien Caron, et tout comme l’an passé :
Sa page facebook
Son site

PS : toujours à mon prof de math du lycée. Un festivalier m’a répondu quand je comptais (très bien, d’ailleurs) en disant que j’étais nulle en maths, « de toute façon, hein, je sais plus qui a dit ça, mais la racine carré de 25, ça a jamais servi à acheter du pain ».

Passé, présent, futur. no. 2

Tu ne m’attendais pas ce jour-là.

Et je suis venue pourtant. Je suis d’abord allée taper à ta porte, au rez-de-chaussé. Trois petits coups distincts sur la baie vitrée. La télé est éteinte, le lit bien fait. Tu n’es pas là. J’ai fait demi-tour, en me disant qu’une prochaine fois, peut-être.
Quelle prochaine fois ? Ne m’attendrais-tu pas une prochaine fois ?

Puis, arrivée devant ma petite voiture noire, j’ai fait demi-tour, je suis revenue. Je suis passée sous le portique et j’ai continué, tout droit, jusqu’à l’entrée du bâtiment. J’ai croisé une dame qui, en m’ouvrant la porte, m’a doucement indiqué où tu te trouvais.

Tu es là, assis avec tous les autres. Tu as levé la tête, et tu m’as vu. Je t’ai souri et tu t’es subitement levé. Un élan de surprise et de bonheur a envahi tes gestes et tes regards. Toute la salle a arrêté de bouger. Les joueurs de cartes, la partie de Triominos, les peintures. D’ailleurs, la tienne, tu l’as laissée sous tes pinceaux et tes couleurs pour attraper ta veste et presque oublier ta canne. Les chuchotements, le bruissement des voix, les rires, les bavardages ont repris derrière nous, sortant de la salle.
« Oh, elle est aussi mignonne que son grand-père ! »

On est resté assis pendant des heures, et, entre chaque grenadine, tu m’as raconté tes premiers émois, tes premiers pas sur les chemins de la guerre, ton sauvetage par la fanfare et ton clairon, tes premières aventures. Les bals, les tours en mobylette, les road trip en Alsace, en Bretagne, avec les collègues, avec ceux que tu commandais quand tu étais caporal, avec cette Parisienne. Tu m’as raconté comment était mamie, ses lettres, ses larmes, la joie, la jalousie. Tu m’as parlé de maman. Tu m’as parlé de moi. Et pendant toutes ces années, après toutes ces épreuves, aussi rocambolesques que simple, comme il en arrive tant, après les surprises, les désillusions, l’amour, la guerre d’Algérie, tu es toujours resté le même.

Papi,
J’écris tout ça pour toi ce soir,
Pour les quelques larmes qui ont traversé tes yeux
et ces quelques heures,
pour la joie que tu as ressenti,
pour le grand dragueur, bavard que tu es,
Pour tout ce que tu m’as dit,
Pour tout ce que tu es.
J’écris tout ça pour toi,
Pour te dire à quel point Je t’aime.

papi

 

Puis il y avait Passé, présent, futur, no.1.

 

Oups

Oh, oh…

On dirait que j’ai encore une fois laissé ce blog prendre la poussière quelque temps. Pourtant, ce n’est pas les sujets, les textes et les inspirations qui ont manqués. Si vous m’en voulez, je m’en excuse, mais ces derniers mois je me suis rendue compte qu’il était plus important d’accepter les personnes telles qu’elles sont, plutôt que de leur en vouloir parce qu’elles ne sont pas comme on le voudrait. Dis donc.

Je pourrais dès a présent commencer mon article, parler de la loi du travail et des manifs qu’on fait, du blocus de la fac, de MayB à la Maison de la Danse, de ce fabuleux concert de Louise Attaque à Valence et de notre escapade pour y aller…

Mais non, aujourd’hui je voulais simplement vous parler de ce cours que j’ai eu tout à l’heure. « Genre dans la littérature francophone » : voilà comment qu’il s’appelle. Chaque semaine, c’est un nouvel éclairage dans ma petite tête de jeune femme blanche et européenne. Pour dire vrai, j’étais heureuse de connaître Montaigne, Montesquieu et tous les autres humanistes, je comprenais et pensais voir le monde de manière intellectuelle, relativiste, humaniste, et peut être même aussi féministe. J’essayais de voir et de construire ce monde utopique, de trouver les solutions aux problèmes et d’élaborer ainsi mes propres idées pour mon monde de bisounours. Je pensais être quelqu’un de bien, avec pour seul mot d’ordre : liberté.

Mais le cours d’aujourd’hui, en plus de me fasciner, m’a surtout provoqué un électrochoc.

Il faut croire que mes origines, ma condition sociale, la case dans laquelle je suis, a brouillé mon impartialité et mon relativisme. Mon utopie n’était que l’idéal d’une jeune femme blanche, européenne et indépendante comme elles le sont (ou, devrait-je dire, devrait l’être) au 21ème siècle.

Parce que qui suis-je pour croire ou dire aux autres ce qui est bien ou mauvais pour eux ? Qui suis-je pour leur dire quoi faire pour mener une vie sans embûche ? Je suis qui pour parler en ton nom ? Quand on dit « Tu portes ce signe religieux (le voile pour les femmes musulmanes, par exemple) parce que tu y es contraint, donc tu n’es pas libre blablabla… » Je suis qui pour te juger, de l’extérieur, sur ce qui est bon ou mauvais pour toi ?

Je suis qui ?

Cette pseudo aide est simplement un héritage colonialiste, voilà tout. Voilà ce que nous explique Spivak quand elle écrit son livre Les subalternes peuvent-elles parler ?. « On sait ce qui est bon pour vous », propagande ethnocentrée. On juge les autres cultures par rapport à la nôtre en le niant. Et pour les plus honnêtes, ceux comme moi, qui n’avaient pas cette prétention là : on voudrait que tout le monde soit libre, mais en réalité, personne ne l’est. Entre les valeurs familiales, nationales, les influences religieuses, politiques, la publicité… À quel moment peut on nous dire complètement libre ?

La liberté résiderait en fait dans ce questionnement perpétuel, et sans réponse :

« Qu’est ce qui fait que je suis moi ? Qu’est ce qui me fait et qu’est ce qui me vient de l’extérieur ? »

Pensez à Bridget Jones qui se morfond parce qu’à 25 ans elle n’a toujours pas rencontré l’homme de sa vie, et ce petit garçon qui court tout nu, qui rit aux éclats.

IMG_20151221_205047

Casés. Paris, décembre 2015.